Belfort : Le procureur estime que le fait d’être un fils de policier n’est pas à l’origine des violences et que l’origine religieuse n’est pas établie par l’enquête.

Le procureur de #Belfort dément fermement la fake news de l’AFP reprise comme trop souvent sans vérification par de nombreux médias.

Le Parquet de Belfort va requérir ce lundi l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire d’ un fils de policier roué de coups le 25 décembre à Belfort. Un placement sous contrôle judiciaire sera également requis.

Le procureur de la République de Belfort précise dans un communiqué que le juge d’instruction sera chargé d’instruire pour « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité » et pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion par parole, écrit, image ou moyen de communication au public, par voie électronique, s’agissant des propos « sale blanc de merde ».

« D’invectives en injures »

Les faits ont débuté lorsqu’un Belfortain de 20 ans (le plaignant) a publié sur Snapchat une photographie de son repas de fête. Un de ses contacts, âgé de 18 ans, lui a lors demandé s’il fêtait Noël. La conversation aurait alors dégénéré « d’invectives en injures ». Le Parquet rend publique une partie des échanges qui sont les suivants.

« Je vais te niquer ta mère la pute sale blanc de merde. Jvais te montrer c’est quoi un vrai rebeu ptite salope », indique le contact du Belfortain.

« Jcroi ta oublier chui ki. Mais on va voir en face si t’assume tes paroles la comme un homme », lui répond le plaignant.

« Mais tu crois t’es qui ptit fdp t’es le fils d’un hnouch mais à part çà t’es qui heychich jvais ntm la pute tu verras », lui renvoie le contact. Hnouch en arabe maghrébin est un terme péjoratif pour dire policier.

Un rendez-vous a été fixé entre les deux jeunes gens.

« Régler le problème »

Le procureur, qui évoque « une rixe », précise que le plaignant s’est rendu sur les lieux pour « régler le problème » en étant « accompagné de deux, voire trois personnes dont il tait toutefois identités et coordonnées dès lors qu’elles ne souhaitaient pas témoigner. Il y a retrouvé son contact accompagné, lui, de deux frères âgés de 18 et 20 ans et d’une troisième personne ».

Pas d’ITT

Les témoignages divergent sur le début des coups. « Les auditions du plaignant et du contact laissent penser que le premier coup a été porté par l’un des frères » même si ces derniers le nie. « Le plaignant s’est en tout état de cause retrouvé au sol après ce premier coup et lui ont alors été assénés de nouveaux coups, occasionnant des dermabrasions au niveau du dos et une plaie au nez, sans fracture ». Aucun certificat médical fixant une incapacité n’a été versé au dossier.

Le contact Snapchat s’est présenté au commissariat le 25 décembre en soirée et a été placé en garde à vue. Il a été remis en liberté dimanche.

Les deux frères ainsi qu’un des accompagnants du plaignant se sont présentés aux policiers dimanche matin.

Le titulaire du compte Snapchat ne reconnaît pas les propos qui s’y trouvent

Le procureur de la République souligne que la version donnée par l’accompagnant du plaignant, reprenait les déclarations publiques de la mère de ce dernier, mais était en contradiction avec d’autres déclarations, et que le jeune homme a alors reconnu avoir menti sur le nombre de personnes ayant porté des coups mais a maintenu avoir entendu des insultes « notamment en relation avec la profession de policier ».

Le Parquet, qui retient que le plaignant s’est « délibérément présenté au rendez-vous pour régler ses problèmes « comme un homme », estime qu’il n’est pas tombé dans un guet-apens.

Le jeune homme titulaire du compte Snapchat ne reconnaît pas les propos qui s’y trouvent, affirmant que c’était un des deux frères qui les avait en réalité écrits, ce que ceux-ci contestent. Le plaignant, toutefois, précise qu’il n’a pas reconnu son contact habituel dans cet échange.

Question d’ego

Le Parquet avance qu’il n’a pas été formellement établi par l’enquête « qu’aurait été expressément reproché à une personne de confession musulmane de célébrer la fête chrétienne de Noël ». Pour le procureur belfortain, le déchaînement verbal « puis le rendez-vous fixé semblent davantage relever d’une question d’ego, le plaignant estimant que son contact, moins âgé que lui, lui avait manqué de respect, et non pas d’imposer à autrui ses convictions religieuses ». Il ajoute qu’il ne peut pas être affirmé « que la qualité de fils de policier serait à l’origine des violences ou en aurait été un élément déterminant ».

L’enquête va se poursuivre dans le cadre d’une instruction judiciaire.

Source : www.estrepublicain.fr

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